Elise, élève de Bachelor RDCM a intégré Elégance Académies en seconde esthétique, il y’a maintenant 6 ans. Soucieuse et consciente de son handicap, elle n’a jamais caché ses difficultés au corps professoral et son appréhension sur sa capacité à suivre les cours au même rythme que le groupe. Elle redoublé d’efforts mais a su également faire confiance à l’école, c’est ce qu’elle nous explique ci-dessous.


Témoignage – 2025
Peux-tu te présenter brièvement ?
Je m’appelle Élise, j’ai 20 ans et je suis étudiante dans le domaine de l’esthétique. Actuellement en Bachelor, j’ai intégré Élégance directement après ma troisième. J’ai obtenu mon baccalauréat avec mention très bien, ce qui m’a confortée dans mon choix de poursuivre mes études avec un BTS en management. Aujourd’hui, je suis en Bachelor et formatrice en alternance pour le leader du marché de l’épilation (NDLR : définitive laser).
Depuis quand sais-tu que tu es dyslexique et comment l’as-tu découvert ?
Je suis consciente de ma dyslexie depuis le moment où l’on me l’a diagnostiquée en CP. Avant cela, à l’âge de 6 ans, je me demandais seulement pourquoi l’école n’était pas aussi amusante et facile pour moi que pour les autres enfants. Je l’ai découvert parce que ma lecture était nettement en dessous du niveau de celle de mes camarades.
Me faisant disputer à l’école parce que, selon les enseignants, je ne travaillais pas assez et que j’étais paresseuse, j’ai compensé ma dyslexie en emmagasinant énormément de vocabulaire, ce qui me permettait de donner l’illusion que je savais lire. Mais à la maison, mes parents se rendaient compte que je ne parvenais pas à lire les panneaux dans la rue, par exemple. Ma dyslexie se traduit également par de nombreuses fautes d’orthographe contre lesquelles je me bats encore aujourd’hui, mais ce n’est pas ce qui saute aux yeux à 6 ans.
Comment décrirais-tu ta dyslexie au quotidien, dans ta manière d’apprendre ou de t’exprimer ?
Au quotidien, ma dyslexie ne me pose presque aucun problème d’expression à l’oral, ce qui fait que les gens autour de moi ne s’en rendent compte qu’en me voyant écrire. Aujourd’hui, après près de huit ans d’orthophonie, je ne rencontre plus beaucoup de difficultés de lecture, du moins tant que les textes sont courts. Je m’exprime très bien à l’oral et je suis très à l’aise dans cet exercice. Parfois, je mélange ou j’invente des mots, mais je dis que cela fait mon charme !
Ma façon d’apprendre est plus lente et plus schématique que celle de mes camarades. Ma prise de notes prend plus de temps, et je préfère écrire mes cours à la main plutôt que de chercher mes lettres sur un clavier. Parfois, ne noter que les points clés est plus simple, car j’ai du mal à me concentrer à la fois sur l’oral et sur l’écrit au tableau.
Est-ce que l’école a mis en place un suivi spécifique ou des aménagements pour toi ?
L’équipe enseignante m’a laissée libre de choisir ma façon de prendre les cours, voire de ne pas les prendre si je préférais me concentrer sur l’oral. Mes fautes d’orthographe ne m’ont jamais mis en difficulté : elles étaient corrigées sur mes copies pour m’aider à les visualiser, mais n’étaient pas pénalisantes. En revanche, je devais maîtriser parfaitement les mots de vocabulaire professionnel, dont l’orthographe est comptée en examen. Lors des travaux de groupe, je n’étais pas rédactrice, mais plutôt en charge de la partie créative afin de ne pas me retrouver en difficulté.
L’école m’a permis de comprendre que ma dyslexie ne me définit pas et ne limite pas ce que je peux devenir. La direction m’a prouvé que je pouvais travailler comme les autres, certes avec un peu plus de lenteur, mais en obtenant les mêmes résultats. Ils ont su me valoriser et me faire confiance.
As-tu toujours bénéficié d’un accompagnement ou d’un aménagement particulier ?
Mon rapport avec l’école a été compliqué, car tous les enseignants ne sont pas compréhensifs et prennent souvent la dyslexie pour de la fainéantise ou un manque de travail.
Mes parents ont mis en place dès le CP un PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé), qui m’a octroyé du temps supplémentaire, une souplesse sur l’orthographe et une meilleure compréhension de mes difficultés d’attention. J’ai bénéficié de ce PAP de mes 6 ans à mes 15 ans.
Peux-tu expliquer quels aménagements sont prévus pour toi lors des examens ?
L’école m’a toujours encouragée à faire mes démarches pour obtenir des aménagements aux examens nationaux. J’en ai donc bénéficié pour mon bac ainsi que pour mon BTS. Cet aménagement permet avant tout d’être reconnu comme étant réellement en difficulté.
Concrètement, j’ai bénéficié d’un tiers temps pour toutes les épreuves écrites, orales et pratiques, ainsi que d’une reformulation des questions si nécessaire. Cela m’a permis, lors d’épreuves avec beaucoup de texte, de ne pas perdre de temps et de m’assurer de bien comprendre ce qui m’était demandé.
Ces aménagements te semblent-ils suffisants et adaptés à ta situation ?
Oui, complètement. Ils m’ont permis de passer mes épreuves sans stress lié au manque de temps et en vérifiant ma compréhension lorsque cela était nécessaire.
Comment as-tu vécu la période d’examens ?
J’ai personnellement très bien vécu mes examens car je me sentais suffisamment préparée pour réussir. Il est vrai que les épreuves écrites sont plus épuisantes pour moi car elles demandent davantage de concentration et d’énergie, mais globalement, grâce aux aménagements, j’ai vécu de bons examens.
Qu’as-tu appris à faire différemment pour réussir malgré les difficultés ?
J’ai appris très tôt à utiliser les correcteurs d’orthographe, et aujourd’hui plus particulièrement l’intelligence artificielle qui m’aide à gérer mes mails professionnels.
Encore aujourd’hui, mes fautes restent nombreuses lorsque j’écris à des amis, et il m’arrive de chercher sur Google des synonymes de mots que je n’arrive pas à écrire.
J’ai appris à ne pas travailler trois heures d’affilée, mais à organiser mon temps. J’ai aussi développé des méthodes alternatives, comme faire autre chose en même temps pour ne pas saturer, ou encore m’enregistrer pour favoriser ma mémoire auditive.
Mais surtout, j’ai appris à prendre confiance en moi, à accepter que la dyslexie ne se guérit pas mais qu’elle se travaille et se compense. Aujourd’hui, cela me permet d’être consciente de mes difficultés et de les identifier plus facilement pour y remédier.
Est-ce que la dyslexie t’a donnée des qualités particulières ?
Depuis l’enfance, ma créativité a toujours été débordante. J’ai exploré de nombreuses activités : tricot, dessin, poterie, peinture, mosaïque… Mon imagination est vaste et sans limites. Élégance a su reconnaître ce potentiel et m’a préparée au concours national du Meilleur Apprenti de France, que j’ai eu l’honneur de remporter en 2022. Ce fut un véritable défi, qui m’a prouvé qu’avec des qualités autres que celles évaluées à l’école, la réussite est possible.
Je suis également une personne douce et tournée vers l’autre. Je pense tenir ces qualités du fait que je sais ce que cela fait de ne pas comprendre ou de se sentir moins capable. J’essaie donc d’aider dès que je le peux.
Alors oui, ma dyslexie m’a apporté des lacunes en orthographe et en lecture, mais aujourd’hui, après avoir réussi à les dépasser, je me rends compte qu’elle apporte bien plus de positif que de négatif. Il suffit d’être entouré de personnes qui savent le reconnaître.